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Les carrières

Le sentier des Carrières

Longtemps méconnues, les anciennes carrières du massif de l’Oberlinger se dévoilent aujourd’hui à nous. Situées sur les communes de Buhl, Guebwiller, Bergholtz et Bergholtz-Zell, ces carrières de grès ont été exploitées jusqu’au début du XXe siècle. Durant des siècles, on en extrayait la pierre pour la construction d’édifices et de maisons. À Buhl, la fabrication de meules était une spécialité alors que la carrière de Bergholtz a notamment produit des matériaux pour la construction du canal Vauban et de Neuf-Brisach au XVIIe siècle. Le sentier des Carrières parcourt une mosaïque de paysages et de milieux : vignobles, vergers, forêts de pins et châtaigniers. Il offre des vues sur le Grand Ballon, les ruines du château du Hugstein, la colline du Bollenberg, la Forêt-Noire, le Jura et les Alpes. Tantôt en forêt, tantôt en plein vignoble, les découvertes sont nombreuses et parfois surprenantes : vestiges de l’exploitation des carrières, menhirs de l’Appenthal, pierres demi-lunes et impressionnants murets de pierre sèche… Inauguré en 2003, le sentier des Carrières se compose de quatre circuits reliés entre eux : circuit de Bergholtz-Zell et Bergholtz (7,7 km), circuit de Guebwiller (4,3 km), circuit de Buhl (4,6 km) et circuit d’Orschwihr (6,5 km). Il est possible de parcourir les quatre boucles en une journée en prenant son temps.

Liens de téléchargement :

  • Brochure « Le sentier des carrières : Bergholtz, Bergholtz-Zell, Buhl, Guebwiller »
  • Brochure « Le sentier des carrières : Orschwihr »

 

La carrière de Bergholtz

L’exploitation de cette carrière est antérieure au XVIe siècle. Sa longueur actuelle est d’environ 600 mètres et sa hauteur grimpe jusqu’à 30 mètres. C’est en 1790 qu’elle devient propriété communale. De 1760 à 1770, elle avait été exploitée par le chapitre de Murbach afin de construire l’église Notre-Dame de Guebwiller. Le dernier bail de location de la carrière a été signé en 1910. Une quinzaine de personnes travaillait encore sur le site. La pierre de grès extraite de cette carrière a permis la construction de maisons, de l’église de Bergholtz, de dallages, de fontaines et de la ville fortifiée de Neuf-Brisach, œuvre de Vauban. Pour transporter les pierres jusqu’au bas du plateau, un chemin de schlittage sillonnait la forêt. On devine encore par endroits son tracé. Le « canal Vauban », creusé en six mois par des bataillons de soldats à la fin du XVIIe siècle, servait à transporter des matériaux de construction vers Neuf-Brisach ; son point de départ se situait dans le secteur de Pfaffenheim et depuis Bergholtz, un petit canal rejoignait cet endroit. Malheureusement, dès 1703 une grande partie du canal a été comblée pour des raisons militaires.

 

La carrière de Guebwiller

Guebwiller disposait également de sa carrière de grès, un matériau très recherché à l’époque. Pour ouvrir et exploiter une carrière, le concessionnaire devait en formuler une demande écrite à la commune. Le bail (établi par adjudication) fixait précisément les conditions d’exploitation : montant du loyer annuel, délimitation du terrain à exploiter, évacuation des matériaux, création d’un chemin de schlittage, responsabilité de l’entrepreneur, etc. Ce bail devait être approuvé par le préfet. Tous les ans, les bailleurs devaient fournir gratuitement à la ville une certaine quantité de pierres de taille. C’est l’entrepreneur en matériaux de construction Henri Sutter, qui le dernier a exploité la carrière de Guebwiller dans les années 1920-1930. Une centaine d’ouvriers travaillait alors sur le site. Les pierres étaient taillées sur place ou en bas, juste au bord de la route. Elles étaient descendues dans des wagonnets tirés par un treuil. Seuls vestiges de cette installation : un wagonnet perdu en forêt et les roues du treuil. Ce système permettait de transporter jusqu’à une tonne de pierres.

 

Les carrières de Buhl

C’est à Buhl qu’il reste le plus de vestiges de l’exploitation des carrières du Schimberg : tracé de l’ancien funiculaire, poudrière, salle des machines, chambre de tir, fondations de cabanes, etc. Cette activité est citée dès 1394. À partir de 1789, les carrières sont fréquemment citées dans les documents communaux. Au total, on a exploité 6 carrières en enfilade (carrière Christian, Schwartzenbach, Kreutzlen, Trottberg, d’Mehlsteingrube ou « carrière des Meules », Thal). Les débouchés principaux étaient les moellons, pierres de taille, dalles, pavés et bordures de trottoirs. La spécialité des maîtres carriers de Buhl était la fabrication de « pierres meulières » en grès utilisées dans de nombreux moulins de la région. C’est en 1938 que s’arrête définitivement l’exploitation du site. La friabilité de la roche en a été une des causes. Véritables entailles dans le massif gréseux, les carrières sont aujourd’hui camouflées dans la forêt.

 

La carrière d’Orschwihr

Comme Bergholtz, Bergholtz-Zell, Guebwiller et Buhl, la commune d’Orschwihr a sur son ban d’anciennes carrières de grès. La carrière du lieu-dit Schoenenberg-Heidenberg figure sur le plan cadastral napoléonien de 1826. Sa surface est de 54 ares. Dans les textes, on précise que certaines carrières ne sont déjà plus exploitées en 1864. Les moellons et blocs de grès d’une des carrières ont notamment servi à construire l’église au XVIe siècle et à l’agrandir à la fin du XVIIIe siècle. Situées en forêt communale, les carrières étaient louées pour une durée déterminée à des exploitants. Un loyer mensuel était versé. En 1881, c’est un maître maçon qui est locataire. L’exploitation prend définitivement fin en 1901.

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